Friday, October 16, 2015
Chapter Nine of Un Périple au Canada
28 juillet 2015
L’Auberge Manoir Ville-Marie, sise rue Ste. Catherine est, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, pour autant qu’elle soit classée site historique du fait d’avoir été, au XIXème siècle, une grande maison bourgeoise à deux étages ne donne pas fière mine à celui qui ne s’y attend pas. Sa situation aux abords de la ville fait qu’elle est dans un quartier à première vue modeste et sans prétensions. Son entrée n’est pas très accueillante: sombre avec de chaque coté un petit carré fait de chaises avec une table. Le bureau de réception est au delà d’une parois vitrée où Madame Shahrzad & Bernard et toute l’équipe règnent et font marcher cet Hotel enfin très charmant. Les plafonds sont très hauts à la mode ancienne. Les chambres ont été crées d’après un plan d’étage qui comprenait salons, salle à manger et bibliothèque au rez de chaussée. Les pièces sont assez petites avec salle de bains et douche. Les meubles viennent d’un peu partout. Pour celui qui vient en touriste, il y a bien assez de confort. La proximité d’un arrêt de car et d’une station Métro sont d’une grande consolation.
Comme j’ai déjà remarqué, l’arrivée m’a un peu décue. J’avais fait la reservation en ligne sans trop regarder où et quoi. Je savais que c’était sur Ste. Catherine est. Regardant la carte je ne me suis pas rendu compte à quel point en dehors du rayon d’action la maison se trouvait. J’ai eu un moment de dépit qui fut vite soulagé par l’hospitalité de Madame Shahrzad qui est sortie de son bureau pour me recevoir. Rentré dans le bureau elle m’a donné beaucoup d’ indications en ce qui concerne comment aller en ville, etc. Une fois installé dans ma chambre j’etais prêt à l’aventure. Il faut croire que je n’ai pas assez fait attention aux explications car je suis bientôt revenu encore plus dépité qu’avant. Madame Shahrzad m’a très gentiment fait une nouvelle lecon et cette fois remplis de courage je suis reparti, après avoir garé ma voiture.
La rue Ste. Catherine traverse la ville d’est en ouest. En la suivant on peut tout voir. J’ai traversé “le Village”, quartier connu pour sa population et ses établissements homophiles. En plein après-midi on y trouvait tout un manège assez triste de vieux et de jeunes qui n’avaient d’autre à faire que se promener de long en large dans la rue ou de s’installer à la terrasse devant un breuvage frais. Sans doute vers minuit l’atmosphère est très different. Semblable à la circulation dans certaines rues de Bangkok.
Plus loin j’ai trouvé une station de Métro où j’ai acheté un billet (pour $10.00!) valable pour 24 heures. J’en ai profité pour rentrer - non sans erreur - à l’hotel pour une petite sièste. Cette première exploration m’a permis de me faire une idée des lieux sans pour cela avoir satisfait toute ma curiosité.
Une autre conversation avec Mme. Shahrzad m’a donné le courage de ressortir pour explorer le quartier Chinois où j’ai trouvé un restaurant vietnamien. J’ai commandé des Cha Gio et me suis fait remarquer par le serveur à cause de ma bonne prononciation. Suivi d’un gros bol de pho, le potage traditionnel du Viêt Nâm, composé de nouilles, de poulet et des feuilles de citronnelle. Pour dessert un “trois couleurs”, une boisson à base de lait de coco, des fèves et des pâtes de riz vertes. Un dessert rafraichissant au Viêt Nâm. Le garçon de café, homme d’une quarantaine m’a pris sous son aile, si je puis dire. En très peu de mots on est devenue copains. Il m’a trouvé sympa et bon joueur.
Pour la rentrée, Métro jusqu’à la station Préfontaine. Sorti de la station il fallait bien encore dix minutes de marche qui tout à coup fut plongée dans le drame d’un orage qui s’annoncait tout au long de la soirée. Eclairs et tonnerres grondaient depuis bien des heures. Soudain je me trouvais en plein dans la manifestation de ce phénomène - vent, pluie forte et le danger de fulguration par un éclair attiré par une quelconque attraction magnétique. L’insuffisance du parapluie que Mme. Shahrzard m’avait gentiment prété fit que je rentrai trempé.
Bonne nuit.
À y réflechir, j’ai le sentiment que ce voyage m’encourage a me sortir de moi-même, une sorte de défi qui m’amène à m’en remettre à Dieu et de ne pas toujours vouloir être aux commandes.
Ce matin partis en vadrouille dans le Centre-ville. Bruyant, bondé et bourgeois - mots qui servent à décrire ma réponse aux bruits insolites, aux nombreux piétons et l’air confortable de toute cette gente bouillonante.
Après un bon et cher déjeuner, je me rendis au Musée des Beaux Arts pour le tour guidé du statuaire aux abords du Musée. L’art publique est généralement négligé car rarement regardé ou compris. Il est très utile d’avoir quelqu’un vous prendre pour ainsi dire par la main et vous donner des eclaircissements à propos de ces objets cencés susciter un rapport avec le public. Il en va ainsi pour beaucoup de choses que l’état ou une quelconque administration achète sans que le publique en soit averti. Ce qui rend très instructif ce genre de promenade.
Une autre exposition à l’intérieur du musée m’attirat: “Métamorphose” montrant l’œuvre de Rodin au fur et à mesure de sa composition. On passe de la matière inerte, la boule de plâtre au morceau fini. À travers toutes les étapes j’ai été impressioné par la vigueur de tous les traits, mème ceux qui donnent l’impression d’être moelleux et doux. Selon le “blurb” du MBAM “Imaginée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec le musée Rodin, Paris, cette exposition est la plus importante jamais consacrée à Rodin au Canada, avec 300 œuvres.”
Puis une surprise: trois salles exposant des effets de Napoléon! La plupart des objets ont été donnés par un donateur canadien. C’est une collection permanente de peintures, objets d’art, sculptures et effets personnels de Napoléon.
Une autre serie de salles intitulées “Daumier à Picasso”. On y trouve des œuvres d’artistes de renom des XIXe et XXe siecles. Des Rouaults inconnus, des Matisse ainsi que des Monet et des Renoir. Les Picasso ne me sont pas connus quoiqu'il exemplifient certaines de ses périodes. À l’opposé d’autres artistes dont on peut toujours reconnaître le vocabulaire, Picasso etait toujours à l’affut d’expressions pour exprimer ses vues. Le spécialiste connaitre sans doute des particularités que l’innocent ne saurait voir.
Ce soir je retourne au resto vietnamien d’hier. Je me promets d’être plus calme. Ou je changerai d’idée. On verra….
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